Marché de l'assurance automobile au Québec

Après une période dix ans caractérisée par une baisse de la fréquence des accidents et par une diminution de la prime moyenne payée  par l’ensemble des automobilistes,  le marché de l’assurance automobile connaît un redressement depuis 2015 : les primes augmentent et l’accès à une assurance peut être plus difficile pour certains automobilistes.

Ma prime d’assurance augmente. Pourquoi?

En tant que consommateur, on veut tous payer le moins cher possible et c’est normal.  Votre prime d’assurance auto a augmenté et cela, même si vous n’avez pas fait de réclamation. Vous vous demandez pourquoi.

La fréquence des sinistres (notamment la collision) et le coût des réclamations sont en hausse depuis quelques années au Québec et les primes demandées par les assureurs ne suffisent plus.   Et cela influence le coût de l’assurance non seulement pour ceux qui font une réclamation mais pour l’ensemble des assurés.

Le savez-vous? En assurance,  ce sont les primes payées par l’ensemble des assurés qui servent à indemniser ceux qui subiront un accident. Plus la fréquence et le coût des réclamations augmentent, plus les primes de tous les assurés sont susceptibles d’augmenter.

D’autres facteurs à considérer

Pour établir votre prime, votre assureur tient compte aussi de l’auto que vous conduisez, des protections d’assurance choisies et bien sûr, de la probabilité que vous soyez impliqué dans un accident. Cela signifie donc que l’usage que vous faites de votre auto, votre lieu de résidence et la façon dont vous vous conduisez sur la route influencent directement le coût de votre assurance.

Consultez les critères de tarification en assurance auto disponibles sur Infoassurance.ca pour en savoir plus.

Réparer une auto : un coût en hausse

4 400 $ : c’est ce que ça coûtait en moyenne en 2017 pour réparer un véhicule suite à un accident.

Véritables ordinateurs ambulants, les automobiles d’aujourd’hui sont dotées d’une technologie de plus en plus sophistiquée qui fait augmenter le coût des réparations. Et cela, sans compter le coût des pièces et de la main-d’œuvre qui augmente année après année. 

Un régime d’assurance qui profite aux consommateurs

Le Québec se dote en 1978 d’un régime d’assurance automobile mixte; la Société de l’assurance automobile du Québec prend charge des dommages corporels. Les dommages matériels aux véhicules et la responsabilité civile des automobilistes continuent quant à eux d’être couverts par les assureurs privés.

Ce régime a fait ses preuves et les différentes données statistiques et les rapports publiés le confirment : le marché de l’assurance automobile privée au Québec demeure concurrentiel et les consommateurs en profitent.

« Aussi, il est généralement reconnu qu’à un moment donné dans le temps, des écarts de prix entre les assureurs pour des profils d’assurés identiques indiquent une saine concurrence.» 1

«... la prime demandée à un même assuré en 2017 peut grandement varier d’un assureur à l’autre. Ainsi, un assureur peut être très concurrentiel pour un profil d’assuré donné, mais pas nécessairement pour un autre.»1

Cette vive concurrence dans le marché ne date pas d’hier; elle explique d’ailleurs la baisse successive de la prime moyenne d’assurance auto observée durant une période de dix ans, de 2004 à 2014,  dont ont profité  les consommateurs.  En 2017, la prime moyenne s’établissait à 564 $,  un montant comparable à celle qui prévalait en 2007.2


1 Rapport annuel sur les institutions financières 2017, Autorité des marchés financiers,  pages 221 et 222.
2 Rapport statistique automobile, Groupement des assureurs automobiles, 2017

Un redressement attendu

Les données publiées annuellement par le Groupement des assureurs automobiles laissaient entrevoir la nécessité du redressement des primes qui s’effectue actuellement.

Sur une période de cinq ans, de 2012 à 2017, le coût total des sinistres (collision, vol,  etc) et des frais de règlement a augmenté de 35 % alors que la prime moyenne, pour la même période, a connu une hausse de 6 % seulement. 

Depuis 2015, pour chaque  dollar de primes perçu par les assureurs, il leur en a coûté successivement 1,01 $ (2015), 1,03 $ (2016) et 1,07 $ (2017) pour couvrir le coût des indemnités et les frais d’administration. Dans un tel contexte,  un ajustement des primes devenait inévitable.

Malgré ce redressement, le Québec demeure la province au Canada où le coût de l’assurance automobile demeure le plus bas.

La prime québécoise moyenne s’établissait à 685 $ en 2017 (incluant le coût de l’assurance pour les dommages corporels qui relève de la SAAQ), comparativement à 1 445 $  et 819 $  pour les  automobilistes de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, par exemple.